Comment j’ai écrit et édité À Bolgobol avec Nisus Par Jean-Pierre Depétris (3ème partie)
Nisus et son interopérabilité
En attendant, ces problèmes n’étaient pas encore résolus pour moi au printemps, et j’ai dû chercher d’autres solutions, que j’ai trouvées en faisant appel à OpenOffice et à son clone NeoOffice. Ça m’a permis de découvrir les avantages qu’offrent leur bonne interopérabilité avec Nisus.
J’ai vu d’abord que même en RTF, ils ouvrent correctement les fichiers Nisus. On y retrouve les sauts de page et les styles. On y retrouve surtout les sections, et là où l’on ne les aurait pas cherchées : dans les « Styles de Page ».
En sélectionnant dans le menu déroulant de la palette des style de n’afficher que les « Styles utilisés », on peut sans trop de peine continuer un travail réalisé avec Nisus. Il est alors possible de définir son format de page au dixième de millimètre, et de paramétrer plus finement le PDF, l’exportation des images, la génération ou non des signets de navigation, etc.
J’ai découvert aussi qu’OpenOffice et NeoOffice permettent de définir le charset en exportant en HTML, ce qui m’a été utile pour changer les passage modifiés de mes pages web sans tout reprendre, car tous les logiciels natifs Mac OS ne connaissent plus que l’Unicode. Il semble que les développeurs de Nisus, comme moi, voient moins en Open Office un dangereux concurrent qu’un appréciable complément, puisque la dernière version permet d’exporter en ODT sous Leopard.
Nisus ne rivalisera de toute façon jamais avec OpenOffice en tant que suite bureautique, mais inversement, OpenOffice ne rivalisera jamais avec Nisus pour écrire avec un ordinateur. La littérature et la bureautique ne sont définitivement pas la même chose. Naturellement, tout le monde n’a pas le même usage intensif d’un traitement de texte pour devoir l’acheter. Mais à ce compte, Bean4 de James Hoover, est un très agréable et très beau petit traitement de texte, et qui ressemble à Nisus comme une version gratuite allégée. Il est bien plus pratique et plus complet que TextEdit, et parfait pour s’initier à écrire avec un ordinateur, plutôt que « faire de la bureautique ». On pourra toujours passer ensuite si besoin est à NisusExpress et à NisusPro.
Je crois que personne ne sait plus aujourd’hui écrire un livre entier avec une plume et du papier — c’est un travail de fou dans lequel je ne me lancerais plus — mais je crois que bien peu ont déjà appris à utiliser les ressources du numérique. Je me demande si la production littéraire actuelle, plutôt que de se fustiger elle-même stérilement sur sa prétendue médiocrité — moi je dirais tout au plus son manque d’imagination —, ne ferait pas mieux de s’interroger sur son usage de l’informatique. Microsoft Office et les logiciels de PAO ont évidemment une incidence sur la façon dont on écrit et dont on produit les livres. Mon ouvrage, À Bolgobol, contient des quantités de remarques à ce propos sur les lettres, l’édition, leur histoire et le numérique.
Références
1 http://jdepetris.free.fr/Livres/bolgobol/
2 La Belle Inutile est le nom d’un regroupement amical de personnalité autonomes réparties entre l’Europe et les deux Amériques, qui partagent une orientation surréaliste et un goût pour battre les cartes entre les arts, les techniques et les idées. http://jdepetris.free.fr/pages/belle_inutile.html
3 Lulu.com, fondée en 2002 par Bob Young, ancien CEO de l’entreprise Red Hat, est la première place de marché pour les contenus numériques sur l’internet. Lulu change le monde de l’édition en donnant aux créateurs de livres, vidéos, périodiques, œuvres multimédia et autres, la possibilité de publier leur travail eux-mêmes avec un contrôle complet de l’édition et du Copyright. http://stores.lulu.com/depetris
4 http://www.bean-osx.com/Bean.html

